Expo Photographie à Paris, les Pins Rouges « GEUMKANGSONG-금강송 » d’Uljin en Corée

 

 « GEUMKANGSONG-금강송 »

Kuk-Hyun CHANG/ Photographie (2002-2012)
Cité internationale des arts
18, rue de l’Hôtel de Ville 75004 Paris
Du 16 au 30 mai 2012
(tous les jours sauf dimanches et lundi de Pentecôte)

Vernissage le mardi 15 mai 2012 à 18h

Kuk‐Hyun CHANG,  photographe coréen, présente ses 36 photographies des pins rouges d’Uljin à la Cité internationale des arts, du 16 au 30 mai 2012.  Après l’exposition itinérante en Corée (Séoul‐Daegu‐Uljin),  il expose à Paris une sélection d’oeuvres réalisées durant ces dix dernières années.

Il exerce ce métier de photographe depuis plus de 40 ans.  Il a commencé par photographie documentaire puis celle de montagnes. Pendant dix‐sept ans, jusqu’à la fin des années 1990, il a photographié les montagnes coréennes, notamment le mont Baekdu, la plus haute montagne de Corée, et le mont Halla sur l’île de Jeju. Il a ensuite découvert la beauté exceptionnelle des pins rouges d’Uljin, appelés Geumkangsong.

Kuk‐Hyun CHANG essaie de découvrir l’origine et l’esprit des Coréens à travers les photographies des pins rouges d’Uljin – Geumkangsong –, une espèce de pin rare et propre à la Corée. Désireux de saisir les meilleurs pins rouges dans son objectif photographique, il y consacre toute son énergie. Ses photographies des pins dits « sacrés » représentent la force intérieure de la nature. Incarnant ainsi la beauté à la fois sobre et élégante des pins, ces images expriment l’énergie primaire de la nature avec laquelle l’artiste tente une parfaite communication.

Les photographies de Kuk‐Hyun CHANG inspirent, avec sincérité, une émotion profonde, comme si un bon augure les accompagnait. Cette émotion n’est autre que le fait de savourer l’ultime beauté de la nature comme un cadeau du ciel. Pour trouver le meilleur Geumkangsong et obtenir ses images de bon augure, Kuk‐Hyun CHANG a opté pour une vie spirituelle et loin du confort matériel, où l’égo disparaît. Il a parcouru, pendant plus de 10 ans, des trajets interminables dans les montagnes à la recherche des pins rouges vieux de centaines d’années, comme un ascète ou un chercheur de ginsengs sauvages extrêmement rares.

Étant le fruit de sa passion et de son amour profond pour le Geumkangsong, il n’est pas étonnant que les oeuvres de Kuk‐Hyun CHANG soient d’une qualité artistique rare. L’allure élancée et gracieuse du Geumkangsong dans ses photographies ne peut être réalisée que grâce à la pureté d’esprit et au sens plastique de leur auteur. C’est par la prière et la concentration que l’artiste arrive à trouver une harmonie avec cet arbre exceptionnel. Tout ceci est lié à sa recherche acharnée de la véritable beauté, ou, simplement, de la vérité.

Jun‐Suk JANG, critique d’art, éditeur d’Art et Critique Kuk‐Hyun CHANG vis, depuis maintenant 6 ans, à Sogwang‐Ri, où se trouve le plus grand habitat de pins rouges au monde. Accompagné de deux ou trois guides professionnels, il monte, presque pour la moitié de l’année, à la recherche de ces pins exceptionnels, dans les montagnes rudes et dénuées de chemins, où se trouvent de nombreuses forêts primitives. Le pin rouge vieux de plus de 500 ans et de belle allure est extrêmement rare et difficile à trouver, car il se trouve caché tel un tigre dans la partie la plus profonde et la plus isolée de la montagne.

Au cours de l’été 2009, il a fait une découverte incroyable dans une forêt sauvage de 900 mètres d’altitude : un Geumkangsong vieux de 1000 ans ! Ancré dans un rocher, ne mesurant que 12 mètres de hauteur avec ses 5 mètres de tour de tronc, il dégageait pourtant une force et une présence inimaginable. Ses branches basses étaient celles des pins voisins, collées par des milliers de frottements durant de nombreuses années, sous l’effet du vent venu de la mer de l’Est. Un tel pin est considéré comme un portebonheur et un messager d’amour – le trésor des trésors. C’est un chef‐d’oeuvre de la nature, qui a résisté à la neige, à la pluie, au vent et aux ères successives.
Un peu d’histoire…

Le pin est l’arbre le plus apprécié des Coréens. Il est plus qu’un simple arbre. Symboliquement fort, il accompagne la vie des Coréens, de la naissance jusqu’à la mort, exerçant une grande influence sur leur quotidien, leur vie culturelle et même leur spiritualité. Il n’est pas anodin d’entendre dire que connaître les caractéristiques ou les valeurs du pin permet de mieux comprendre les Coréens.

L’écorce de ces pins rouges, ressemblant à une carapace de tortue, et la partie haute de leur tronc rougeâtre symbolisent la passion et la longévité. Leurs branches en forme de dragon se tordant vigoureusement dégagent une énergie expansive. Leurs feuilles, très courtes et vertes toute l’année, peuvent représenter l’esprit des Coréens – leur opiniâtreté et leur loyauté – tel qu’il est décrit dans un verset de l’hymne national coréen.

De par la beauté et l’élégance de leur allure, les pins rouges d’Uljin semblent posséder un esprit d’une grande sagesse. Ils se distinguent des autres espèces de pins et ne se trouvent qu’à Uljin, un département de la province Gyeongsangbuk‐do, en Corée.

 L’habitat(1) de ces fameux pins rouges se trouve dans les montagnes de Sogwang‐Ri, dans le   département Uljin‐Gun. On compte quelque 80 000 pins rouges âgés de 200 à 300 ans dans la réserve naturelle montagneuse (2 274 hectares), et plus de 500 de plus de 500 ans dans les montagnes plus profondes. Mesurant de 3 à 5 m de tour de tronc et 30 m de hauteur, ils forment de nombreuses forêts primitives au travers desquelles on peut à peine apercevoir le ciel. Cet habitat de pins rouges d’Uljin est un important patrimoine culturel de Corée. Historiquement, ces pins ont été protégés par le roi. On en a découvert la preuve dans les environs : deux panneaux d’interdiction d’abattage datés de l’époque de la dynastie Joseon (1680). Intitulés Hwangjangbongpyo, ces panneaux précisent l’usage spécifique de ces pins : la fabrication des cercueils de la royauté. Ils ont aussi été utilisés exceptionnellement à la restauration du palais Gyeongbok (1991‐2010). Les pins rouges d’Uljin sont embaumés naturellement dans leur propre résine, et leur bois, sans torsion ni craquelure, résistant au temps, est considéré du fait de sa solidité comme l’un des meilleurs matériaux. Selon certains historiens, la statue de Bouddha en bois du temple Koryu‐Ji – trésor national du Japon –, à  Kyoto, aurait été fabriquée avec du Geumkangsong.

Le 11 novembre 2004, en présence du Premier ministre coréen, du chef administrateur de la Cultural Heritage Administration of Korea ainsi que du chef du Korea Forest Service, le gouvernement coréen a déposé une pierre commémorative à l’occasion de la cérémonie « Capsule temporelle », dont l’objectif est de préserver pendant 150 années renouvelables l’habitat de ces pins exceptionnels. L’État coréen veille minutieusement sur ce trésor national vivant, contrôlant son accès. Ce lieu est une réserve naturelle avec des animaux sauvages et des espèces rares. Même aujourd’hui, on y découvre des empreintes de tigres et parfois, les villageois sont victimes de ces bêtes féroces.

Patrimoine mondial de l’UNESCO

Afin d’inscrire cet habitat exceptionnel de pins rouges sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO, Gyeongsangbuk‐Do et Uljin‐Gun organisent cette grande exposition à Paris, où se trouve le siège social de l’UNESCO.

Il est important de protéger les pins rouges d’Uljin en les classant patrimoine naturel, car ils sont menacés pour des raisons écologiques et climatiques. Cette exposition se voue une belle occasion de découvrir leur beauté et de partager les valeurs qu’ils incarnent afin qu’ils soient préservés aussi longtemps que l’humanité existera.

(1)  Lieu d’habitation d’une espèce animale ou végétale

ACPP

paris50kyo@gmail.com

Articles en relation :

SHARE THIS POST

  • Facebook
  • Twitter
  • Myspace
  • Google Buzz
  • Reddit
  • Stumnleupon
  • Delicious
  • Digg
  • Technorati

One Comment on "Expo Photographie à Paris, les Pins Rouges « GEUMKANGSONG-금강송 » d’Uljin en Corée"

  1. Eliana 1 July 2012 at 20:16 - Reply

    Que c’est bon les balades en foreat ! Ca me rlppelae des souvenirs ! Les sangliers rencontre9s, le ramassage de feuilles, de glands, de chataignes,… tout plein de choses en fait, tu m’as fait voyager. Merci ! Bisous et belle journe9e

Laisser un commentaire

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.

*