Festival d’Angoulême : voici les 100 BD du siècle à lire absolument 앙굴렘 만화축제가 추천한 꼭 읽어야 할 100권

 

Festival d’Angoulême : voici les 100 BD du siècle à lire absolument 앙굴렘 만화축제가 추천한 꼭 읽어야 할 100권

Vous êtes perdu parmi les milliers de bandes dessinées qui sortent chaque année ? ACPP a fait le tri et vous dévoile sa sélection des titres indispensables sortis ces 20 dernières années.

Elodie DrouardPierre GodonFrance Télévisions
Mis à jour le 31/01/2020 | 08:43
publié le 31/01/2020 | 07:02

Entre 2000 et 2020, plus de 80 000 albums de BD sont sortis des presses. Sans prétendre à l’exhaustivité, ni résumer la crème de la production aux seuls chiffres de vente, nous vous proposons une sélection des cent meilleurs albums du début du siècle (selon la date de parution en France, pardon pour les puristes qui lisent le japonais dans le texte). L’idée est plus de vous donner envie d’en lire à l’occasion du Festival international de la bande dessinée, qui se tient à Angoulême du 30 janvier au 2 février, que de graver dans le marbre un top 100 immuable.

 

100″Elmer” de Gerry Alanguilan


(CA ET LA)

Depuis 1979, tous les gallinacés ont désormais la possibilité de parler et donc de mener une existence normale, en cohabitant avec les humains. Cela n’a pas été sans mal, et c’est l’histoire que raconte le coq Jake Gallo à travers la vie de son père qui vient de mourir. Une album drôle, émouvant et incroyablement pertinent.

Elmer, de Gerry Alanguilan, éd. Ça et là, 2010, 14 euros.

 

99″Roi Ours”, de Mobidic


(DELCOURT)

La courte vie de Xipil va s’achever dès les premières pages de ce récit. La jeune fille du chef a été choisie par son père pour être sacrifiée au dieu Caïman. On n’est jamais trop prudent pour délivrer la tribu de la malédiction qui pèse sur son village. Mais au lieu d’un saurien affamé, c’est un ours qui se présente devant la jeune fille. Le Roi des ours, même, qui la prend pour épouse, et va devoir négocier la vie de sa promise avec le caïman. Un formidable conte initiatique porté par le trait lumineux de Mobidic, jeune dessinatrice dont c’était le premier album. Le second est attendu pour le printemps 2020.

Roi Ours, par Mobidic, éd. Delcourt, 2015, environ 19 euros.

 

98″Moi, ce que j’aime, c’est les monstres”, d’Emil Ferris


(MONSIEUR TOUSSAINT LOUVERTURE)

La révélation de l’année 2018, c’est elle. Emil Ferris a livré 400 pages d’une expérience graphique incroyable, presque entièrement réalisée avec un stylo à bille scotché à son poignet en raison de problèmes articulaires. On peut émettre des réserves sur les histoires qu’elle nous raconte, mais l’objet reste fou.

Moi, ce que j’aime, c’est les monstres, d’Emil Ferris, un tome publié depuis 2018, éd. Monsieur Toussaint Louverture, environ 35 euros.

 

97″Après la pluie”, de Jun Mayuzuki


(KANA)

Une histoire d’amour entre une adolescente de 17 ans et son patron quadragénaire ? Ne fuyez pas ! Ce n’est pas du tout ce que vous imaginez déjà. Point de Lolita ici, mais plutôt une relation qui va permettre à ces deux êtres brisés que tout oppose de puiser la force de traverser la période difficile dans laquelle ils se trouvent. C’est extrêmement touchant, souvent drôle et très rafraîchissant.

Après la pluie, de Jun Mayuzuki, série terminée en dix tomes publiés entre 2017 et 2019, éd. Kana, 7 euros le tome.

 

96″Les Cavaliers de l’apocadispe”, de Libon


(DUPUIS)

Dans la Bible, ils étaient quatre. Dans la BD de Libon, ils ne sont que trois, mais c’est à se demander s’ils ne provoquent pas plus de dégâts. Les trois zozos en question, c’est une bande de trois cancres, Jé, Olive et Ludo, qui préfèrent par exemple bricoler une fusée à propulsion nucléaire dans la forêt en se servant dans une base militaire plutôt que d’étudier leurs tables de multiplication à l’école. Une sorte d’alliage improbable entre Le Petit Nicolas, “C’est pas sorcier” et Gaston Lagaffe, porté par des dialogues à hurler de rire.

Les Cavaliers de l’apocadispe, par Libon, série en cours avec deux tomes parus depuis 2018, éd. Dupuis, 2018, environ 12 euros le tome.

 

95″Beastars”, de Paru Itagaki


(KI-OON)

Quand une très jeune mangaka imagine un campus rempli d’animaux anthropomorphiques pour parler de manière astucieuse et intelligente de nos pulsions et de nos préjugés sur les rapports entre les hommes et les femmes, cela donne Beastars. Un remarquable manga pertinent et audacieux.

Beastars, de Paru Itagaki, série en cours avec huit tomes publiés depuis 2019, éd. Ki-oon, 7 euros le tome.

 

94″Superman Red Son”, de Mark Millar et Dave Johnson


(URBAN COMICS)

Superman arrive souvent assez loin au classement des super-héros préférés des bédéphiles. Ceux qui ne jurent que par Batman, les Avengers ou Spiderman gardent un petit faible pour cette courte uchronie signée Mark Millar et Dave Johnson, qui modifient l’histoire canonique en imaginant Superman tombé de Krypton, non pas dans la cambrousse américaine, mais dans la taïga soviétique. Une relecture décoiffante du super-héros au slip rouge, devenu un Stakhanov puissance mille.

Superman Red Son, de Mark Millar et Dave Johnson, éd. Urban Comics, 2014, environ 15 euros.

 

93″Gung Ho”, de Benjamin von Eckartsberg et Thomas von Kummant


(PAQUET)

Une excellente BD post-apocalyptique qui vaut surtout pour les dessins somptueux de Thomas von Kummant, entièrement réalisés à l’ordinateur, mais sans encrage, en laissant exploser les couleurs à chaque page, et pour les personnages d’ados très bien campés par Benjamin von Eckartsberg. Les plus anciens diront que ça leur rappelle Jérémiah (de Hermann), les plus jeunes que c’est une version un peu plus trash et adulte de Seuls (chroniqué par ailleurs). Quatre albums qui ne s’oublient pas sitôt refermés.

Gung Ho, de Benjamin von Eckartsberg et Thomas von Kummant, éd. Paquet, série en cours avec quatre tomes publiés depuis 2013, 17 euros par tome et intégrale à 35 euros.

 

92″Le Décalogue”, de Franck Giroud


(GLENAT)

Dix livres, dix auteurs, et une quête passionnante sur les traces d’un mystérieux manuscrit, qui contiendrait, dit-on, les dernières volontés de Mahomet. De quoi bouleverser les fondements des religions monothéistes… Si le scénario fleuve de Franck Giroud (600 pages au total) a lancé la mode des BD ésotériques (Le Légataire, Le Triangle secret, INRI, L’histoire secrète…), cette série a aussi le mérite de se lire indifféremment dans les deux sens, offrant un éclairage nouveau sur l’histoire. Précurseur, et toujours d’actualité.

Le Décalogue, par Franck Giroud et collectif,  éd. Glénat, dix tomes publiés de 2001 à 2003 et réunis dans une intégrale à 59 euros.

 

91″Bride Stories” de Kaoru Mori


(KI-OON)

Karluk n’a que 12 ans lorsqu’on lui confie une épouse. Surtout qu’Amir est de huit ans son aînée et vient d’un village voisin, avec d’autres us et coutumes. Les deux jeunes gens vont devoir peu à peu s’apprivoiser, et apprendre à s’aimer. Bienvenue en Asie centrale, près de la mer d’Aral, pour y découvrir la vie des peuples de ces contrées au cœur du XIXe siècle. Une immersion magique et passionnante portée par un dessin sublime.

Bride Stories, de Kaoru Mori, éd. Ki-oon, série en cours avec 11 tomes publiés depuis 2011, environ 8 euros le tome.

 

90″Daredevil, l’homme sans peur”, de Brian Michael Bendis et Alex Maleev


(PANINI COMICS)

Le run à lire pour en apprendre davantage sur le personnage de Daredevil, alias Matt Murdock, le justicier aveugle. Un classique Marvel, indémodable et parfait pour mettre un pied dans la porte du l’univers foisonnant des comics de super-héros.

Daredevil, l’homme sans peur, de Brian Michael Bendis et Alex Maleev, série terminée en quatre tomes publiés entre 2008 et 2013, éd. Panini Comics, 22 euros le tome.

 

89″Holmes”, de Luc Brunschwig et Cecil


(FUTUROPOLIS)

Version officielle : Sherlock Holmes est mort, lors d’un énième combat à mort contre le professeur Moriarty, aux Chutes de Reichenbach. Version officieuse, colportée par son frère Mycroft : Sherlock a mis fin à ses jours devant son impuissance à détruire son fantastique cerveau à coups de cocaïne ou de morphine. Le docteur Watson ne croit ni à l’une, ni à l’autre et décide de mener l’enquête sur cette soudaine disparition. Il découvre alors la véritable personnalité de son ami. Une relecture rafraîchissante du mythe Sherlock Holmes, servie par les dessins superbes de Cecil.

Holmes, de Luc Brunschwig et Cecil, éd. Futuropolis, cinq tomes parus entre 2006 et 2019, environ 13 euros pièce.

 

88″Ted, drôle de Coco”, d’Emilie Gleason


(ATRABILE)

Ted est un grand échalas qui ne supporte aucun accroc à sa routine quotidienne. Sinon, c’est le drame. Ted est un autiste Asperger. C’est aussi le cas du petit frère de l’autrice de cet album très autobiographique, dans lequel Emilie Gleason tente de comprendre ce qui se passe dans la tête des personnes atteintes de ce syndrome. C’est coloré, joyeux, tout le contraire de ce qu’on imagine de ce trouble finalement assez méconnu. Indispensable.

Ted, drôle de Coco, d’Emilie Gleason, éd. Atrabile, 2018, 17 euros.

 

87″La Colère de Fantômas”, d’Olivier Bocquet et Julie Rocheleau


(DARGAUD)

Oubliez les gesticulations de Louis de Funès et le masque en latex bleu de Jean Marais, ce n’était pas du tout comme ça que les auteurs originels de Fantômas, Pierre Souvestre et Marcel Allain, avaient imaginé leur criminel. Olivier Bocquet et Julie Rocheleau reviennent aux racines du personnage – le début du XXe siècle, un vrai polar sans éléments comiques, de la violence – dans une trilogie dont l’esthétique détonne par sa palette de couleurs tranchées et une vitalité proche de celle des comics.

La Colère de Fantômas, d’Olivier Bocquet et Julie Rocheleau, éd. Dargaud, série terminée en trois tomes parus entre 2013 et 2015, environ 14 euros pièce.

 

86″Ms. Marvel”, de G. Willow Wilson et Adrian Alphona


(PANINI COMICS)

Soyons clairs. Ms. Marvel n’a rien à voir avec Captain Marvel, dont vous avez pu voir récemment les aventures au cinéma. Ici, il est question d’une ado d’origine pakistanaise, capable de modifier la taille de tout ou partie de son corps. Kamala Khan est donc une super-héroïne, mais elle est aussi une jeune fille d’aujourd’hui, prise en étau entre son désir de liberté et sa famille, dans laquelle la culture et la religion musulmanes occupent une grande place. Des aventures fraîches et drôles qui parlent autant aux ados qu’aux adultes.

Ms. Marvel, de G. Willow Wilson et Adrian Alphona, série en cours avec neuf tomes publiés depuis 2015, éd. Panini Comics, 17 euros le tome.

 

85″Abélard”, de Régis Hautière et Renaud Dillies


(DARGAUD)

Abélard, petit oiseau sensible et d’une naïveté confondante, accompagné de Gaston, gros ours bougon, quittent leur village. Le premier est tombé amoureux de la belle Epilie et s’est mis en quête d’un bouquet d’étoiles pour la conquérir. Le second, du genre misanthrope, prend le petit jeune sous son aile dans sa quête chimérique. C’est absurde, c’est beau, c’est chaleureux et c’est surtout très poétique. Une bouffée d’air frais.

Abélard, de Régis Hautière et Renaud Dillies, éd. Dargaud, série terminée en deux tomes parus en 2011, environ 14 euros pièce.

 

84″Descender”, de Jeff Lemire et Dustin Nguyen


(URBAN COMICS)

Vous êtes allergique à Star Wars ? Les Gardiens de la Galaxie vous ont laissé de marbre ? Vous adorerez pourtant probablement la science-fiction sensible de Jeff Lemire et de Dustin Nguyen qui met en vedette Tim-21, un androïde à l’apparence enfantine, seul témoin de l’apparition des “Moissonneurs”, des robots qui ont décimé la galaxie. Des couleurs chaudes, du dessin à la main (les nervures du papier sont visibles dans l’album), bref, l’anti-SF métallique et bleutée des classiques du genre.

Descender, de Jeff Lemire et Dustin Nguyen, éd. Urban Comics, série terminée en six tomes parus entre 2016 et 2019, à environ 15 euros pièce.

 

83″Bouncer”, par Alejandro Jodorowsky et François Boucq


(LES HUMANOÏDES ASSOCIES)

Le western demeure une valeur sûre de la BD franco-belge. On aurait pu citer la récente série Stern, remarquée pour son utilisation en toile de fond du genre, mais notre choix s’est porté sur une série au long cours (11 tomes à ce jour) en reprenant tous les codes. Lesquels sont agencés par l’esprit démoniaque d’Alejandro Jodorowsky et illustrés de façon virtuose par François Boucq. Une double dose de gueules cassées, d’esprits tordus et d’intrigues machiavéliques, le tout dans une ambiance poisseuse à souhait.

Bouncer, par Alejandro Jodorowsky et François Boucq, éd. Les Humanoïdes associés puis Glénat, série en cours avec onze tomes parus depuis 2001, entre 14 et 18 euros pièce.

 

82″Chiisakobé”, de Minetarô Mochizuki


(LE LEZARD NOIR)

Après la mort de ses parents dans un incendie qui ravage la menuiserie familiale, Shigeji, jeune charpentier inexpérimenté, entreprend la reconstruction de l’entreprise. Un projet long et fastidieux que ce jeune homme à l’allure de hipster ne pourra mener à bien qu’en parvenant à se construire en parallèle. Jamais le deuil n’a été traité avec autant de poésie que dans ce manga chargé d’émotion au trait épuré.

Chiisakobé, de Minetarô Mochizuki, série terminée en quatre tomes publiés entre 2015 et 2016, éd. Le Lézard noir, 15 euros le tome.

 

81″Lazarus”, de Greg Rucka et Michael Lark


(GLENAT COMICS)

Le monde tel que nous le connaissons n’existe plus. Exit les Etats, place aux multinationales, une dizaine de familles tout au plus, qui se partagent le monde. Des dynasties de stratèges avisés, au sein desquelles on trouve toujours un Lazarus, du type guerrier invincible exécuteur des basses œuvres. Dans la famille Carlyle, c’est Forever, une des filles du patriarche, qui s’en charge. Mais elle éprouve des doutes sur sa réelle identité. Un thriller formidablement construit qui vous tiendra en haleine jusqu’au bout.

Lazarus, de Greg Rucka et Michael Lark, éd. Glénat, série en cours avec six tomes parus depuis 2015, 15 euros pièce.

 

80″Notre mère la guerre”, de Kris et Maël


(FUTUROPOLIS)

Un cadavre dans les tranchées. Un de plus, non ? Sauf que Joséphine Taillandier, jeune serveuse, a été retrouvée la gorge tranchée. L’armée dégotte fissa un coupable, fusillé séance tenante. Quelques jours plus tard, deux autres victimes sont retrouvées. La Grande Muette dépêche alors le lieutenant de gendarmerie Roland Vialatte pour investiguer au milieu des poilus. Une enquête policière captivante, dans un décor qu’on croit connaître, qui fait de cette tétralogie un incontournable de la BD historique.

Notre mère la guerre, par Kris et Maël, éd. Futuropolis, série terminée en quatre tomes parus entre 2009 et 2012, 16 euros pièce ou bien en intégrale à environ 34 euros.

 

79″Sous les bouclettes”, de Gudule et Mélaka


(DELCOURT)

L’album s’ouvre sur un décès, et se termine de la même façon. Mais, on vous le promet, sa lecture est un beau voyage où il est, certes, question de maladie, mais surtout d’amour. Sous les bouclettes est un roman (autobio)graphique poignant auquel vous penserez longtemps après l’avoir refermé.

Sous les bouclettes, de Gudule et Mélaka, éd. Delcourt, 2018, 19 euros.

 

78″Walking Dead”, de Robert Kirkman et Charlie Adlard


(DELCOURT)

C’est le comic-book le plus vendu en France et il a consacré son auteur, Robert Kirkman, comme un des meilleurs scénaristes de sa génération. Son histoire d’invasion de zombies dans une Amérique désemparée a depuis été adaptée, entre autres, en plusieurs séries télé et jeux vidéo. Le 33e et dernier tome vient de paraître, l’occasion parfaite pour s’y (re)plonger.

Walking Dead, de Robert Kirkman et Charlie Adlard, série terminée en 33 tomes publiés entre 2005 et 2020, éd. Delcourt, environ 14 euros le tome.

 

77″Pyongyang”, de Guy Delisle


(L’ASSOCIATION)

Bienvenue en Corée du Nord ! Voilà ce qu’a dû se dire Guy Delisle en descendant de l’avion pour superviser un dessin animé sous-traité à une boîte locale. Sans jugement de valeur ni prétention journalistique, le dessinateur canadien nous propose un récit à hauteur d’homme de son séjour là-bas, saisissant l’absurdité du quotidien, mais aussi le stoïcisme des habitants ou le décor gris monochrome de la ville. Ça vaut tous les guides touristiques et les films de propagande sur le régime.

Pyongyang, de Guy Delisle, éd. L’Association, 2003, 24 euros.

 

76″Demon”, de Jason Shiga


(CAMBOURAKIS)

Vous aimez qu’un auteur vous surprenne sans cesse ? Plongez-vous dans l’œuvre de Jason Shiga, le petit génie des comics alternatifs, qui signe avec Demon une histoire qui combine énigmes et rebondissements sur près de 800 pages : les tribulations d’un prof de maths désespéré qui cherche à mourir… sans succès. Macabre ? En vrai, totalement hilarant, et sacrément tordu.

Demon, de Jason Shiga, série terminée en quatre tomes publiés entre 2016 et 2018, éd. Cambourakis, 22 euros le tome.

 

75″L’Assassin qu’elle mérite”, de Wilfrid Lupano et Yannick Corboz


(VENTS D’OUEST)

Wilfrid Lupano place trois séries dans ce top 100 (on vous laisse scroller pour trouver les autres), et c’est mérité pour cet auteur majeur de la BD récente. L’Assassin qu’elle mérite, c’est l’histoire d’un fils de bonne famille viennoise, qui manipule un jeune défavorisé pour en faire un “ennemi de la société” du début du XXe siècle. Tout ça pour gagner un pari. La force de cette série en quatre tomes est d’aller plus loin que son postulat, et de surprendre encore à la fin.

L’Assassin qu’elle mérite, de Wilfrid Lupano et Yannick Corboz, coll. Vents d’Ouest aux éd. Glénat, série terminée en quatre tomes parus entre 2010 et 2016, environ 14 euros pièce.

 

74″Les Liens du sang”, de Shuzo Oshimi


(KI-OON)

Comment continuer à vivre normalement lorsque l’on découvre que ce que l’on prend pour de l’amour maternel masque un déséquilibre psychiatrique ? Virtuose du dessin, Shuzo Oshimi continue d’explorer le mal-être adolescent comme personne. Les Liens du sang, sa série toujours en cours au Japon, est sans conteste son chef-d’œuvre. Le texte s’y efface pour laisser toute sa place à des planches muettes suintant le désarroi des personnages.

Les Liens du sang, de Shuzo Oshimi, série en cours avec cinq tomes publiés depuis 2019, éd. Ki-oon, 8 euros le tome.

 

73″3 secondes”, de Marc-Antoine Mathieu


(DELCOURT)

Attention, objet unique. Soixante-sept pages de neuf cases, toujours muettes, qui se déroulent à la manière d’un zoom, en suivant la trajectoire de la lumière pendant un temps extrêmement réduit. Il peut s’en passer des choses et un simple regard dans la bonne direction peut permettre de résoudre un terrible complot. C’est une expérience sensorielle à laquelle nous invite Marc-Antoine Mathieu, qui fait de chaque album une expérimentation. Bluffant.

3 secondes, de Marc-Antoine Mathieu, éd. Delcourt, 2011, environ 15 euros.

 

72″C’est un oiseau…”, de Steven T. Seagle et Teddy H. Kristiansen


(URBAN COMICS)

De quoi rêve un auteur de comics ? Généralement de se voir confier une histoire sur Superman, “le plus iconique et le plus connu” des super-héros. Pourtant, lorsque son éditeur le lui propose, Steve préfère refuser cette proposition : il déteste Superman, trop caricatural à ses yeux. Pour le prouver à la terre entière, Steve va devoir le décrypter. Et nous pondre une intéressante réflexion sur le mythe du héros et son influence moderne. Une autobiographie pertinente, tout en délicatesse.

C’est un oiseau…, de Steven T. Seagle et Teddy H. Kristiansen, éd. Urban Comics, 2016, environ 15 euros.

 

71″Yotsuba & !” par Kiyohiko Azuma


(KUROKAWA)

Koiwai Yotsuba est une petite fille aux cheveux verts, qui, du haut de ses 5 ans, découvre le monde à chaque coin de rue. Chacune de ses aventures fait l’objet d’un chapitre thématique, façon Martine (Yotsuba & la chasse aux cigales, Yotsuba & la piscine, etc.). Ultra-choupi (kawaii comme disent les Japonais), Yotsuba & ! est une ode à l’innocence bourrée d’humour. A mettre entre toutes les mains.

Yotsuba & !, par Kiyohiko Azuma, série en cours avec quatorze tomes publiés depuis 2006, éd. Kurokawa, environ 8 euros le tome.

 

70″Médée”, de Blandine Le Callet et Nancy Peña

(CASTERMAN)

La mythologie grecque a beau avoir quelques millénaires au compteur, elle continue d’inspirer les artistes. Et comme la BD franco-belge traite beaucoup mieux les histoires de ce bon vieux Homère que le cinéma hollywoodien, on vous conseille vivement Médée, signé Nancy Peña et Blandine Le Callet (prof de latin et spécialiste de l’Antiquité dans le civil). Une relecture passionnante d’une des figures les plus clivantes de la mythologie, traîtresse sanguinaire pour les uns, victime en légitime défense pour les autres.

Médée, de Blandine Le Callet et Nancy Peña, éd. Casterman, série terminée en quatre tomes parus entre 2013 et 2019, 15 euros pièce.

 

69″L’Encyclopédie des débuts de la Terre”, d’Isabel Greenberg

(CASTERMAN)

Il y a plusieurs façons de commencer une carrière d’autrice de BD. La jeune Londonienne Isabel Greenberg a décidé de commencer par le commencement en s’attaquant (ni plus ni moins) à l’histoire de l’humanité. Une relecture originale des mythes fondateurs (l’Arche de Noé, les géants, les monstres marins…) qui imbrique les histoires les unes dans les autres pour former un tout cohérent.

L’Encyclopédie des débuts de la Terre, par Isabel Greenberg, éd. Casterman, 2015, 24 euros.

 

68″Le Roy des Ribauds”, de Vincent Brugeas et Ronan Toulhouat

(AKILEOS)

Paris, fin du XIIe siècle. Sur le papier, le roi de France est maître en son royaume, surtout dans la capitale. Dans la réalité, même Philippe Auguste doit composer avec le vrai patron de Paris, le grand Coësre, le Roy des Ribauds, le patron de la cour des Miracles. Direction les culs-de-basse-fosse de la capitale, où Tristan, dit le “triste sire”, va devoir reprendre la main sur tout ce que Paname compte de malandrins et de brigands, en ces temps troublés où l’Anglais menace. Les fans de Maurice Druon, comme ceux de Game of Thrones, trouveront leur compte dans ce thriller médiéval superbement mis en images.

Le Roy des Ribauds, par Vincent Brugeas et Ronan Toulhouat, éd. Akileos, série en cours avec trois tomes parus depuis 2015, 19 euros pièce.

 

67″Carnet de santé foireuse”, de Pozla

(DELCOURT)

Atteint de la maladie de Crohn, inflammation chronique de l’intestin, Pozla enchaîne erreurs de diagnostic, hospitalisations et opérations à répétition. Aujourd’hui en rémission, il revient sur son douloureux parcours de santé. Hanté par ses tripes (il se représente en intestin géant), l’auteur raconte non sans humour une vie de chiottes (au sens propre) où la merde tient le second rôle. Ça pourrait être scabreux, mais c’est compter sans la dérision dont fait preuve Pozla. Un récit qui force le respect et l’empathie.

Carnet de santé foireuse, de Pozla, 2015, éd. Delcourt, 35 euros.

 

66″Zombillénium”, d’Arthur de Pins

(DUPUIS)

Les apparences sont trompeuses. Sur le papier, c’est l’histoire d’un parc d’attractions spécialisé dans l’épouvante, implanté près de Valenciennes. Les salariés sont de vrais zombies et vampires, employés à vie dans l’unique branche qui recrute dans leur secteur. Résultat : une BD très fun – Twilight en prend pour son grade – et des réflexions bien vues sur l’actualité sociale. Même les allergiques au dessin numérique ne pourront que s’incliner devant la minutie du travail d’Arthur de Pins.

Zombillénium, d’Arthur de Pins, éd. Dupuis, série en cours avec cinq albums parus depuis 2010, environ 14 euros pièce.

 

65″Notes”, de Boulet

(SHAMPOOING / DELCOURT)

Les blogs, c’est tellement 2008… Sauf pour l’auteur Boulet, qui en a fait sa marque de fabrique. Son incroyable compilation de tranches de vie et de délires à base de dinosaures ou de raclette moisie se transformant en deux cases en monstre en putréfaction touche 50 000 personnes par jour. Soit un lectorat débordant largement du spectre des rats de bibliothèque. L’édition papier permet de retrouver toute sa fantaisie sans s’exposer à la lumière bleue des écrans qui empêche de dormir la nuit #astuce.

Notes, de Boulet, éd. Delcourt, série en cours avec douze tomes parus depuis 2008, environ 15 euros pièce.

 

64″Maria” de Kazuo Kamimura

(KANA)

Il aura fallu attendre près de quarante ans pour découvrir enfin l’œuvre de Kazuo Kamimura en France. Un génie du manga qui, dans les années 1970, s’est attaché à raconter des destins de femmes libres, dans un pays qui ne leur permettait pas de l’être. Maître incontesté d’une poésie narrative inégalée, il tutoie les sommets avec Maria, l’histoire d’une adolescente rebelle. Une œuvre de jeunesse imparfaite, mais idéale pour découvrir le maître.

Maria, de Kazuo Kamimura, série terminée en deux tomes publiés entre 2012 et 2013, éd. Kana, 15 euros.

 

63″Les Aventures de Philip et Francis”, de Pierre Veys et Nicolas Barral

(DARGAUD)

Les meilleurs albums de la reprise de Blake et Mortimer ayant été publiés avant 2000, on vous propose à la place la parodie officielle de la célèbre série d’Edgar P. Jacobs, autrement plus inventive que la série-mère. Les auteurs Pierre Veys et Nicolas Barral ayant pris le parti de ne reculer devant aucun tabou, vous saurez enfin tout sur les relations compliquées entre Mortimer et la gent féminine, et les liens troubles entre Blake et sa môman. On rêverait de voir Tintin ou Astérix passés ainsi à la moulinette.

Les Aventures de Philip et Francis, par Pierre Veys et Nicolas Barral, éd. Dargaud, série en cours avec trois tomes parus depuis 2005, environ 14 euros pièce.

 

62″Lastman”, de Balak, Bastien Vivès et Michaël Sanlaville

(CASTERMAN)

Ce n’est pas vraiment “un manga à la française”, comme on se plaît à le qualifier, ce n’est pas non plus un comic-book, puisque ce sont trois Français aux commandes. Ce qui est sûr, c’est que Lastman est un concentré de toute la pop culture ingurgitée par ses trois auteurs, et ce, dans sa forme la plus jouissive.

Lastman, de Balak, Bastien Vivès et Michaël Sanlaville, série terminée en douze tomes publiés entre 2013 et 2019, éd. Casterman, 12 euros le tome.

 

61″Pilules bleues”, de Frederik Peeters

(ATRABILE)

Un amour de jeunesse contrarié qui finit par se concrétiser. Sauf que voilà, rien ne sera jamais simple entre Frederik et Cati, séropositive. Comment s’aimer quand le virus s’insinue au sein d’un couple ? C’est ce que nous raconte l’auteur dans ce récit autobiographique poignant.

Pilules bleues, de Frederik Peeters, éd. Atrabile, 2001, 22 euros.

 

60″Puta Madre”, de Run et Neyef

(LABEL 619 / ANKAMA)

Niland, Californie. Accusé à tort d’avoir tué son petit frère, Jesus, 12 ans, se retrouve en taule, condamné à passer les sept prochaines années au milieu des gangs les plus sanguinaires des Etats-Unis. Inspiré d’une histoire vraie, ce récit nous plonge dans un des pans les plus obscurs de la société américaine, celui d’un agneau devenu loup, après avoir passé sa jeunesse entre quatre murs. Un destin qui interroge le lecteur sur la prédestination sociale de chaque individu. Et une grosse claque.

Puta Madre, de Run et Neyef, série terminée en six petits volumes publiés en édition limitée en 2017 réunis en une intégrale, éd. Ankama, environ 20 euros.

 

59″Apocalypse sur Carson City”, de Guillaume Griffon

(AKILEOS)

Il y a les scénaristes qui repompent intégralement des scènes de films célèbres, sous couvert de leur rendre hommage. Il y a aussi ceux qui magnifient toute une cinéphilie un peu déconsidérée, en livrant une saga flamboyante et improbable à la fois. Guillaume Griffon a dû regarder Delta Force ou Piège en haute mer une fois de trop et, du coup, a concocté une incroyable histoire d’invasion de zombies jugulée par Chuck Norris et Steven Seagal, qui mériterait une place d’honneur sur le célèbre site Nanarland. Jubilatoire.

Apocalypse sur Carson City, de Guillaume Griffon, éd. Akileos, série terminée en sept tomes parus entre 2010 et 2018, environ 15 euros pièce.

 

58″La Saga de Grimr”, de Jérémie Moreau

(DELCOURT)

Il n’y a aucune fausse note dans la carrière de Jérémie Moreau, le petit prodige de la BD franco-belge. Il a fallu choisir dans sa production, et c’est logiquement La Saga de Grimr, primée au festival d’Angoulême, qui s’est détachée. Une aventure nordique qui met en scène Grimr, orphelin islandais, qui se lance dans une quête d’identité pour laisser son nom dans l’histoire. Ce conte, beau et âpre comme cette île pleine de contrastes, pourrait bien vous tirer les larmes.

La Saga de Grimr, de Jérémie Moreau, éd. Delcourt, 2017, environ 25 euros.

 

57″Les Grands Espaces”, de Catherine Meurisse

(DARGAUD)

Si son nom est entré dans l’inconscient collectif lors de l’attentat qui a frappé la rédaction de Charlie Hebdo, cela fait près de quinze ans que Catherine Meurisse tombe des planches de BD. Son thème de prédilection n’est pas la politique, mais l’art. Dans Les Grands Espaces, elle revient à ce qui fait son amour de la littérature, pendant son enfance, dans une maison perdue dans la campagne. Un album rafraîchissant, qui donne envie de se replonger dans ce pavé de Pierre Loti abandonné pour une partie de Fifa en août 1998.

Les Grands Espaces, de Catherine Meurisse, éd. Dargaud, 2018, 20 euros.

 

56″Catharsis”, de Luz

(FUTUROPOLIS)

De tous les albums publiés post-attentats, c’est incontestablement Catharsis, celui de Luz, qui nous a le plus bouleversés. Avec son trait tremblotant, conséquence d’une main droite qu’il ne contrôlait plus vraiment à l’époque, l’ancien dessinateur à Charlie Hebdo raconte ce 7 janvier 2015 qui a changé sa vie, dans un album dédié “à ceux qui sont partis”. Un témoignage drôle et émouvant où Luz se met à nu, dévoilant son amour éternel pour sa femme Camille, quand il ne fait pas preuve de son cynisme légendaire pour se moquer des intégristes. Indispensable.

Catharsis, de Luz, éd. Futuropolis, 2015, 14 euros.

 

55″Malaterre”, de Pierre-Henry Gomont

(DARGAUD)

S’il ne place qu’un album dans ce top 100 (on a beaucoup hésité pour inclure aussi Pereira prétend), nul doute que dans la version 2030 de ce classement, on en trouvera plusieurs de Pierre-Henry Gomont, l’auteur qui progresse à chaque publication. Comme Malaterre n’est pas loin d’être un chef-d’œuvre, avec des couleurs immersives, des récitatifs aux petits oignons et une histoire (partiellement autobiographique) poignante, on imagine déjà le meilleur pour la suite.

Malaterre, de Pierre-Henry Gomont, éd. Dargaud, 2018, 24 euros.

 

54″Préférence système”, d’Ugo Bienvenu

(DENOËL GRAPHIC)

L’humanité n’a plus de place dans sa mémoire. Les disques durs rassemblant les données considérées comme essentielles par un aréopage de fonctionnaires sont saturés par la production débordante de vidéos. Pour faire de la place à une youtubeuse, le couperet tombe : exit 2001, l’Odyssée de l’espace. Le fonctionnaire chargé d’effacer le film, fan de Stanley Kubrick, contrevient au système et se retrouve dans un engrenage sans issue contre l’administration. Une fable totalitaire qui laisse songeur quand on pense aux 700 000 heures de vidéos mises en ligne chaque jour sur YouTube…

Préférence système, d’Ugo Bienvenu, éd. Denoël Graphic, 2019, 23 euros.

 

53″Seuls”, de Fabien Vehlmann et Bruno Gazzotti

(DUPUIS)

En ce XXIe siècle où le one-shot est roi, une série jeunesse à l’ancienne, au sacro-saint format de 48 pages, en couleur, à couverture cartonnée, fait de la résistance : Seuls. C’est l’histoire d’enfants qui se réveillent un beau matin dans une ville déserte. Tous les adultes ont disparu. Si nous ne sommes qu’à la moitié du grand-œuvre de Fabien Vehlmann et Bruno Gazzotti, l’entreprise titanesque (22 tomes prévus) impressionne par sa maîtrise narrative. On se prendrait presque à souhaiter être plus vieux d’une vingtaine d’années pour pouvoir déjà tout lire. Presque…

Seuls, de Fabien Vehlmann et Bruno Gazzotti, éd. Dupuis, série en cours avec douze volumes parus depuis 2006, à 11 euros pièce.

 

52″Le Photographe”, de Didier Lefèvre, Frédéric Lemercier et Emmanuel Guibert

(AIRE LIBRE / DUPUIS)

La BD de reportage est à la mode. Les algues vertes, les coulisses de l’Elysée, la vie dans la bande de Gaza… Tout bédéphile compte plusieurs albums de ce genre dans sa bibliothèque. A leurs côtés, toujours, Le Photographe, référence du genre, qui raconte le périple de deux photographes embarqués dans une mission de Médecins sans frontières dans l’Afghanistan des années 1980. Aux dessins d’Emmanuel Guibert, au récit autobiographique de Didier Lefèvre, se mêlent de nombreuses photos prises lors de leur voyage. Jamais voyeur, jamais gore.

Le Photographe, de Didier Lefèvre, Frédéric Lemercier et Emmanuel Guibert, éd. Dupuis, série terminée en trois tomes parus entre 2003 et 2006 disponibles à environ 16 euros pièce (une intégrale à 38 euros existe également).

 

51″20th Century Boys”, de Naoki Urasawa

(PANINI MANGA)

Pas facile de résumer les quelque 4 500 pages de la saga monstre de Naoki Urasawa (Pluto, Monster), un des mangakas les plus influents de ce siècle. Génie narratif, maître du thriller et dessinateur hors pair, avec 20th Century Boys, Naoki Urasawa nous entraîne avec une bande de copains sauver l’humanité face à une secte apocalyptique. Accrochez-vous, ça vaut le coup.

20th Century Boys, de Naoki Urasawa, série terminée en onze tomes, publiés entre 2014 et 2016, éd. Panini Manga, 15 euros le tome.

 

50″L’Arabe du futur”, de Riad Sattouf

(ALLARY EDITIONS)

On ne vous fera pas l’affront de vous résumer L’Arabe du futur, la saga autobiographique signée Riad Sattouf, qui nous entraîne de la Syrie à la Bretagne. Ecoulés en France à plus d’un million d’exemplaires et traduit en 22 langues, les quatre tomes sont devenus de véritables phénomènes littéraires. C’est (très) drôle, (vraiment) touchant, et très instructif. Déjà presque un classique.

L’Arabe du futur, de Riad Sattouf, série en cours depuis 2014, quatre tomes publiés, éd. Allary, environ 21 euros le tome.

 

49″Héraklès”, d’Edouard Cour

(AKILEOS)

Comment vous représentez-vous Hercule ? Pour Edouard Cour, c’est avant tout une brute épaisse, lointain cousin d’Obélix, entraîné dans un jeu malsain entre divinités de l’Olympe et rongé par la culpabilité d’avoir expédié tant de gens chez Hadès. Un syndrome post-traumatique façon Rambo (du premier film), en somme. L’auteur a digéré les influences du manga et propose une aventure survitaminée (Hercule expédie 8 des 12 travaux dès le premier tome) mais qui s’appuie sur une solide base mythologique. Une relecture d’un mythe vieux comme le monde, plus efficace que tous les péplums hollywoodiens avec Brad Pitt en jupette.

Héraklès, d’Edouard Cour, éd. Akileos, série terminée en trois tomes parus entre 2012 et 2015 et rassemblés dans une intégrale à 39 euros.

 

48″Azimut”, de Wilfrid Lupano et Jean-Baptiste Andréae

(VENTS D’OUEST)

Une trouvaille par page, un bon mot toutes les deux lignes, c’est peu de chose de dire qu’Azimut est l’une des BD les plus inventives de ces deux dernières décennies. Pour vous convaincre de sauter à pieds joints dans ce joyeux délire à la Lewis Caroll, le début du pitch : le lapin qui indique le Nord a déserté pour trouver l’amour. Le reste du monde va s’en trouver irrémédiablement chamboulé.

Azimut, par Wilfrid Lupano et Jean-Baptiste Andréae, coll. Vents d’ouest aux éd. Glénat, série complète en cinq tomes parus de 2012 à 2019, environ 14 euros pièce.

 

47″Le Loup”, de Jean-Marc Rochette

(CASTERMAN)

Une histoire au goût de conte, la rencontre entre un berger et un loup, dans la nuit bleue du massif des Ecrins. L’un a son fusil et son chien pour défendre son troupeau, le second est mû par un instinct millénaire. Il ne peut en rester qu’un. Le lecteur sortira secoué de cette BD naturaliste, avare de mots, qui s’insère avec intelligence dans le débat passionné sur la place de ce carnivore dans l’Hexagone.

Le Loup, par Jean-Marc Rochette, éd. Casterman, 2019, 18 euros.

 

46″L’Aigle sans orteils”, de Christian Lax

(AIRE LIBRE / DUPUIS)

Dans 99% des cas, la BD et le sport, ça fait deux. Restent quelques exceptions notables, comme ce merveilleux album, ode au cyclisme. Christian Lax choisit de s’intéresser au destin d’Amédée Fario, qui pédale d’abord pour monter au sommet du pic du Midi les matériaux nécessaires à la construction de l’observatoire. Quelques années plus tard, le gamin s’imposera comme l’un des premiers grimpeurs de la Grande Boucle naissante. Une BD somptueuse, devant laquelle même les allergiques aux après-midi de juillet ne bouderont pas leur plaisir.

L’Aigle sans orteils, par Christian Lax, éd. Dupuis, 2005, 17 euros.

 

45″Quartier lointain”, de Jirô Taniguchi

(CASTERMAN)

Jirô Taniguchi a tracé son sillon loin des canons des mangas populaires comme Naruto ou Dragon Ball Z. Un format plus grand, des problématiques plus adultes, un ton empreint de poésie. Son grand œuvre, c’est le diptyque Quartier lointain, l’histoire d’un homme venu se recueillir sur la tombe de sa mère et qui se retrouve projeté dans le passé. Il a alors l’occasion de revivre une journée de son enfance avec son regard d’adulte. Un chef-d’œuvre de manga que les allergiques à la BD japonaise ont quand même dans leur bibliothèque.

Quartier lointain, de Jirô Taniguchi, éd. Casterman, deux tomes parus en 2004, aujourd’hui rassemblés dans une intégrale à 25 euros.

 

44″Fondu au noir”, d’Ed Brubaker et Sean Phillips

(DELCOURT)

Vous voyez les noms d’Ed Brubaker et Sean Phillips sur la couverture d’un livre ? Ne vous posez pas de questions, achetez-le ! Fondu au noir n’est qu’un des chefs-d’œuvre parmi tant d’autres de ces maîtres du polar (lisez aussi Sleeper, Criminal, Fatale, Kill or Be Killed…). Pour une chronique plus détaillée de cet album, c’est par là.

Fondu au noir, d’Ed Brubaker et Sean Phillips, éd. Delcourt, 2017, 40 euros.

 

43″Blast” de Manu Larcenet

(DARGAUD)

“Je le sens pas ce type (…) Toute cette graisse qu’il se trimballe (…) Je suis sûr qu’il a des seins, tiens !” Nous sommes en 2009, personne ou presque n’emploie encore le terme “grossophobie”, mais Manu Larcenet entreprend de nous raconter l’histoire d’un homme, Polza Mancini, forcément coupable, puisque gros. Sur plus de 800 pages, l’auteur du Combat ordinaire fait l'”éloge de ceux qui ne marchent pas droit”. Une œuvre visionnaire et violente comme un coup de poing dans le ventre.

Blast, de Manu Larcenet, série terminée en quatre tomes publiés entre 2009 et 2014, éd. Dargaud, 23 euros le tome. Il existe également une intégrale publiée en 2017.

 

42″La Vierge et la Putain”, de Nicolas Juncker

(GLENAT)

Vous aimez l’histoire ? Ce livre est pour vous. Vous aimez les BD qui expérimentent sur la forme ? Ce livre est pour vous. Vous aimez la BD, tout simplement ? Ce livre est pour vous. La couverture annonce la couleur : Nicolas Juncker nous propose la lecture, en deux tomes, des destins croisés d’Elizabeth I et de Marie Stuart à la conquête du trône d’Angleterre. Là où c’est très fort, c’est que ces deux albums sont symétriques : la fin de l’un répond en miroir au début de l’autre. Une prouesse.

La Vierge et la Putain, par Nicolas Juncker, coll. Treize étrange aux éd. Glénat, 2015, coffret à 35 euros.

 

41″From Hell”, d’Alan Moore et Eddie Campbell

(DELCOURT)

Tout le monde sera d’accord, la meilleure décennie d’Alan Moore, c’est plutôt les années 1980 (Watchmen, V pour Vendetta). N’empêche que cette adaptation du mythe de Jack l’Eventreur sur fond de complot visant à déstabiliser la famille royale mérite sa place dans toutes les bibliothèques. N’y voyez pas qu’une œuvre de fiction, l’auteur adjoint à la fin de l’ouvrage soixante pages de notes pour aider le lecteur à démêler l’authentique de l’imaginaire.

From Hell, d’Alan Moore et Eddie Campbell, éd. Delcourt, 2000, 50 euros.

 

40″Parker”, de Darwyn Cooke et Richard Stark

(DARGAUD)

Au scénario, le célèbre auteur de polars Donald Westlake, sous le nom d’emprunt de Richard Stark. Aux pinceaux, Darwyn Cooke, l’artiste canadien au trait sixties reconnaissable entre mille. Sur le papier, de solides histoires policières hard-boiled à l’ancienne, avec des personnages taiseux et des trouvailles que le plus attentif des lecteurs n’aura pas forcément vu venir.

Parker, de Darwyn Cooke et Richard Stark, éd. Urban Comics, série en cours avec quatre tomes parus depuis 2010, environ 16 euros pièce.

 

39″Mon ami Dahmer”, de Derf Backderf

(ÇA ET LA)

Il vous arrive peut-être de regarder vos anciennes photos de classe, aux coins cornés et au papier jauni, avec nostalgie. Derf Backderf, lui, retrouve au troisième rang son ami Jeffrey Dahmer lors des années collège à Richfield, dans l’Ohio. Dahmer est devenu quelques années plus tard l’un des serial-killers les plus craints des Etats-Unis, surnommé “le cannibale de Milwaukee” et auteur d’une cavale sanglante longue de quatorze ans. Ce qui rend d’autant plus incroyable le récit de leur jeunesse commune, entre blagues potaches et devoirs de maths…

Mon ami Dahmer, par Derf Backderf, éd. Ça et là, 2013, 20 euros.

 

38″California Dreamin'”, de Pénélope Bagieu

    (GALLIMARD BANDE DESSINEE)

Comment Ellen Cohen, adolescente boulotte et petite-fille d’immigrés juifs de Russie, s’est-elle métamorphosée en Cass Elliott, figure charismatique de The Mamas & The Papas, le groupe à l’origine du tube de l’année 1966, California Dreamin’ ? A travers les voix des proches de Mama Cass, Pénélope Bagieu construit une “biographie fictionnelle” drôle et attachante, réalisée intégralement aux crayons. Un album touchant, majestueux de spontanéité et de justesse.

California Dreamin’, de Pénélope Bagieu, éd. Gallimard, 2015, 25 euros.

 

37″Mauvais genre”, de Chloé Cruchaudet

    (DELCOURT)

Paul et Louise s’aiment. Ils se sont mariés. Mais le voyage de noces tourne court pour le jeune couple. Nous sommes en 1914, Paul est appelé sous les drapeaux pour son service militaire, puis envoyé au front. L’enfer des tranchées devient vite insupportable pour le jeune homme, qui déserte et se cache dans une chambre d’hôtel. La guerre n’en finit pas, et pour sortir, Paul devient Suzanne. Une histoire vraie, narrée avec pudeur par Chloé Cruchaudet.

Mauvais genre, de Chloé Cruchaudet, éd. Delcourt, 2016, 25 euros.

 

36″Solanin”, d’Inio Asano

    (KANA)

Auteur culte, porte-parole d’une jeunesse désabusée et doté d’un coup de crayon somptueux, Inio Asano fascine ou agace. Si Bonne nuit Punpun est souvent l’œuvre que l’on cite en exemple, Solanin, réalisée juste avant, est sûrement la plus accessible. L’histoire de Meiko et Taneda, un jeune couple qui apprend en grandissant à faire des concessions avec ses rêves de vie. Une histoire bouleversante et une jolie porte d’entrée dans le manga, si ce genre vous est peu familier.

Solanin, par Inio Asano, série terminée en deux tomes publiés entre 2007 et 2008, éd. Kana, environ 10 euros le tome. Il existe également une intégrale publiée en 2019.

 

35″Sweet Tooth”, de Jeff Lemire

    (URBAN COMICS)

A 9 ans, Gus est un enfant mi-humain, mi-animal qui n’a jamais quitté la forêt du Nebraska dans laquelle l’élève son père en secret. Quand ce dernier meurt, Gus découvre enfin le monde, et il n’est pas très reluisant. Traqué, confronté à la perversité des hommes, Gus va beaucoup morfler et beaucoup pleurer. Vous aussi, n’en soyez pas surpris. Si tel est le cas, vous êtes juste l’humain que Gus attend de rencontrer.

Sweet Tooth, de Jeff Lemire, série terminée en trois tomes publiés entre 2015 et 2016, coll. Vertigo aux éd. Urban Comics, 23 euros le tome.

 

34″Big Foot”, de Nicolas Dumontheuil

    (FUTUROPOLIS)

Il fallait forcément un album de Nicolas Dumontheuil dans cette liste. Cet auteur singulier, aux histoires déjantées et au trait lâché partage une bonne humeur communicative dans tous ses albums. Celui-ci, une réinterprétation très irrévérencieuse des codes du western, fera peut-être avaler leur scotch de travers à ceux qui ne jurent que par Blueberry. On reconnaîtra ainsi un John Wayne fatigué en second rôle d’une intrigue mettant en scène deux bras cassés de cowboys en quête du fameux Big Foot, le yéti des montagnes américaines.

Big Foot, par Nicolas Dumontheuil, éd. Futuropolis, quatre albums parus entre 2007 et 2008. Une intégrale est disponible à 30 euros.

 

33″Levius”, de Haruhisa Nakata

    (KANA)

Publié avec un sens de lecture à l’occidentale et doté d’un trait qui tutoie parfois l’art abstrait, Levius n’a jamais trouvé son public en France. Pourtant, vous auriez tort de passer à côté de cette œuvre poignante au graphisme éblouissant. Une histoire de combat mécanique dans un univers “steampunk” qui n’est qu’un prétexte pour parler du jeune Levius, prêt à tout endurer pour revoir le sourire de sa mère. Sublime et déchirant.

Levius, de Haruhisa Nakata, série en trois tomes publiée chez Kana entre 2015 et 2016, 13 euros le tome. La série se poursuit ensuite sous le titre Levius / Est.

 

32″Gotham Central”, d’Ed Brubaker, Greg Rucka et Michael Lark

    (URBAN COMICS)

“Madâââââââme, ils ont oublié Batman dans leur top 100 !” Sans faire injure au brio de Greg Capullo et Scott Snyder, les auteurs des dernières aventures marquantes du chevalier noir, on assume notre coup de cœur pour cette chronique dans la vie du commissariat de Gotham City, où les policiers sont tiraillés entre la traque des criminels et l’interférence de Batman, qui ne leur rend pas la vie facile.

Gotham Central, par Ed Brubaker, Greg Rucka et Michael Lark, éd. Urban Comics, série terminée en quatre tomes parus entre 2014 et 2015, environ 22 euros.

 

31″Dans la combi de Thomas Pesquet”, de Marion Montaigne

    (DARGAUD)

Succès critique et de librairie mérité pour cette BD narrant le périple de l’astronaute français Thomas Pesquet dans la Station spatiale internationale. Autrement plus instructif que le recueil de ses plus belles photos aériennes, et garanti 0% hagiographique. Aux pinceaux, la meilleure vulgarisatrice scientifique du neuvième art, Marion Montaigne, ne cache aucun détail, même trivial, de ce parcours du combattant, depuis la galère que constitue un repas en apesanteur à la propension aux flatulences une fois la combinaison spatiale enfilée.

Dans la combi de Thomas Pesquet, par Marion Montaigne, éd. Dargaud, 2017, environ 22 euros.

 

30″Charlie Chan Hock Chye, une vie dessinée”, de Sonny Liew

    (URBAN COMICS)

Du haut de ses 72 ans, Charlie Chan Hock Chye se demande s’il n’était pas destiné à devenir “le plus grand dessinateur de BD” de Singapour. Pour nous en convaincre, il va raconter sa vie, entièrement dédiée à la BD, ponctuant son récit de photos, croquis, peintures originales ou planches. Sauf que… Charlie Chan Hock Chye n’existe pas. Ce personnage est le fruit de l’imagination de Sonny Liew, auteur malaisien qui a créé cette impressionnante biographie totalement fictionnelle, prétexte à raconter son pays d’adoption, Singapour, et à témoigner de son amour pour la bande dessinée. Magistral.

Charlie Chan Hock Chye, une vie dessinée, de Sonny Liew, éd. Urban Comics, 2017, environ 22 euros.

 

29″Les Enfants de la Résistance”, de Vincent Dugomier et Benoît Ers

    (LE LOMBARD)

Vous pensiez qu’on avait fait le tour des BD sur la Seconde Guerre mondiale ? Eh bien non ! Benoît Ers et Vincent Dugomier racontent l’histoire d’un groupe d’enfants d’un village du centre de la France, qui décident de prendre en main les opérations de résistance, les adultes ayant trop vite baissé les bras à leur goût. N’allez pas y voir un délire de scénariste, les groupes d’enfants résistants ont vraiment existé. Une BD qui a séduit jusqu’au ministère de l’Education nationale.

Les Enfants de la Résistance, de Vincent Dugomier et Benoît Ers, éd. du Lombard, série en cours, six tomes parus depuis 2015, 11 euros pièce.

 

28″La Vision”, de Tom King, Gabriel Hernandez Walta et Michael Walsh

(PANINI COMICS)

Pas besoin de connaître parfaitement son petit Marvel illustré pour se plonger dans cette courte histoire qui s’attache au personnage de Vision. Imaginez un synthézoïde (sorte de robot très complexe qui ressemble parfois à un humain) rougeaud, qui n’aspire qu’à une chose : mener une vie tranquille et rangée avec femme et enfants. Fraîchement installée dans la banlieue d’Arlington (en Virginie), la famille va tenter de se fondre dans ce paysage aseptisé où règne le conformisme. Plus qu’une BD de super-héros, La Vision est une critique acerbe de l’American Way of Life.

La Vision, de Tom King, Gabriel Hernandez Walta et Michael Walsh, série terminée en deux tomes entre 2016 et 2017, éd. Panini Comics, 17 euros le tome.

 

27″A bord de L’Etoile Matutine”, de Riff Reb’s

    (NOCTAMBULE / SOLEIL)

Si vous cherchez une BD où les embruns vous arrosent entre les pages, où chaque personnage, même à l’arrière-plan d’une case sombre, arbore une vraie trogne et où l’énergie du roulis se sent à chaque dessin, vous feriez bien de découvrir les dernières œuvres de Riff Reb’s, dessinateur virtuose, et adaptateur de génie de Jack London ou de Pierre Mac Orlan. Son Etoile Matutine constitue la chronique de la (rude) vie à bord d’un navire pirate narrée par le mousse. Le moussaillon qui sommeille en chaque lecteur en aura pour son argent.

A bord de L’Etoile Matutine, de Riff Reb’s, d’après le roman de Pierre Mac Orlan, éd. Soleil, 19 euros.

 

26″Love in Vain”, de Jean-Michel Dupont et Mezzo

    (GLENAT)

Mouillez-vous la nuque pour vous préparer au choc graphique à l’ouverture de l’album si vous n’êtes pas familier du travail de Mezzo. Ambiance petites hachures du style underground américain pour illuminer le destin tragique de Robert Johnson, bluesman génial du Mississippi dans les années 1930. L’artiste maudit qui a influencé des Rolling Stones à Bob Dylan en passant par Eric Clapton méritait bien un aussi bel écrin pour lui rendre hommage.

Love in Vain, de Jean-Michel Dupont et Mezzo, éd. Glénat, 2014, environ 19 euros.

 

25″Zaï Zaï Zaï Zaï”, de Fabcaro

    (SIX PIEDS SOUS TERRE)

A la caisse d’un supermarché, Fabrice réalise qu’il a oublié dans la poche de son autre pantalon la carte de fidélité du magasin. Questionné par le vigile, il panique, le menace avec un poireau et s’enfuit. Il devient alors le fugitif le plus recherché de France, traqué par la police et les médias. Avec cet album, Fabcaro, devenu depuis “l’auteur de Zaï Zaï Zaï Zaï”, fait ce qu’il sait faire de mieux : pointer du doigt le ridicule caché dans tous les pans de notre société. C’est évidemment à mourir de rire (si l’on aime l’humour absurde).

Zaï Zaï Zaï Zaï, de Fabcaro, éd. Six pieds sous terre, 2015, 13 euros.

 

24″Persepolis”, de Marjane Satrapi

    (L’ASSOCIATION)

Une série fondatrice pour la BD indépendante, qui a permis à la petite maison d’édition L’Association de lancer des titres toujours plus audacieux. Son succès est amplement mérité par le récit de Marjane Satrapi, qui dépeint avec humour, et sans pathos, son enfance en Iran (entre règne du Chah et révolution islamique), un pays sur lequel les préjugés ont la vie dure. Une lecture toujours d’actualité dans le contexte géopolitique de 2020. Et, c’est suffisamment rare pour être signalé, le film d’animation adapté de la BD est remarquable. Il a été primé à Cannes.

Persepolis, de Marjane Satrapi, éd. L’Association, série terminée en quatre tomes parus entre 2000 et 2003, rassemblés dans une intégrale à 36 euros.

 

23″Ces jours qui disparaissent”, de Timothé Le Boucher

    (GLENAT)

Comment conserver une vie sociale, amoureuse et professionnelle lorsqu’on est présent un jour sur deux et qu’un autre s’emploie à défaire ce que vous tentez désespérément de construire ? C’est la question qui occupe Lubin, contraint à une vie en pointillés après une mauvaise chute qui l’a laissé endormi pendant une journée entière. D’autant qu’un autre Lubin, plus méticuleux et mature, phagocyte peu à peu sa vie. A seulement 28 ans, Timothé Le Boucher signe un récit fantastique remarquablement maîtrisé, prétexte à une réflexion sur l’identité et le difficile passage à l’âge adulte.

Ces jours qui disparaissent, de Timothé Le Boucher, éd. Glénat, 2017, environ 22 euros.

 

22″Green Manor”, de Fabien Vehlmann et Denis Bodart

    (DUPUIS)

Le Green Manor’s club. Ses fauteuils club en cuir. Le whisky de 18 ans d’âge que vous apporte le majordome. Le feu qui crépite dans la cheminée. En face de vous, un autre gentleman qui imagine à voix haute le crime parfait. Réfléchit-il au fur et à mesure qu’il parle, ou est-il simplement en train de raconter son dernier forfait ? A chaque fois, le scénariste Fabien Vehlmann se sort de ses histoires courtes (une dizaine de pages) par un incroyable twist. Une lecture jubilatoire, aussi grâce aux pinceaux de Denis Bodart, qui se fait trop rare en BD.

Green Manor, par Fabien Vehlmann et Denis Bodart, éd. Dupuis, série terminée en trois tomes parus entre 2001 et 2005 à environ 12 euros pièce, une jolie intégrale à 39 euros est disponible.

 

21″Le Grand Méchant Renard”, de Benjamin Renner

    (SHAMPOOING / DELCOURT)

Tous les jours, un renard chétif et malchanceux tente, en vain, de pénétrer dans un poulailler. Devenu la risée des animaux de la ferme, il décide de changer de technique sur les conseils du loup. La solution : subtiliser des œufs plutôt que des poules, et élever lui-même son futur repas. Sauf que, dès leur naissance, les poussins adoptent le renard, qui se découvre un instinct paternel incompatible avec ses plans… On vous le garantit, la lecture des mésaventures de ce “Grand Méchant Renard” va vous tordre de rire. A mettre dans toutes les mains.

Le Grand Méchant Renard, de Benjamin Renner, éd. Delcourt, 2015, 17 euros.

 

20″Berlin”, de Jason Lutes

    (DELCOURT)

Jason Lutes a mis presque vingt ans à conclure son monumental Berlin, et ça se voit. Une pagination copieuse, mais un dessin éthéré racontent par petites touches la montée du nazisme dans le Berlin du début des années 1930. Nul besoin d’un doctorat en géopolitique pour apprécier ce comic-book majeur du début du siècle. Il vous faudra juste un peu de temps : l’histoire se déguste de façon optimale en une traite.

Berlin, de Jason Lutes, éd. Delcourt, série terminée en trois tomes parus entre 2002 et 2019 à 20 euros pièce, un coffret rassemblant les trois volumes à 60 euros est également disponible.

 

19″The Grocery” d’Aurélien Ducoudray et Guillaume Singelin

(LABEL 619 / ANKAMA)

Fraîchement débarqué à Baltimore parce que son père reprend une épicerie de quartier (grocery en anglais), le jeune Elliott intègre les bandes de corner boys locaux. Il devient rapidement un acteur incontournable de ce quartier pris en étau entre le trafic de drogue, la crise des subprimes et les suprémacistes blancs. Sombre et coloré, réaliste et cartoonesque, tout et son contraire peut être dit à propos de The Grocery. Les amateurs de séries télé retiendront que c’est surtout un sublime hommage à la série The Wire.

The Grocery, d’Aurélien Ducoudray et Guillaume Singelin, série terminée en quatre tomes publiés entre 2011 et 2016, éd. Ankama, 15 euros le tome.

 

18″Preacher”, de Garth Ennis et Steve Dillon

    (URBAN COMICS)

Comic-book aussi culte que controversé, Preacher narre les aventures d’un pasteur parti à la recherche de Dieu, qui vient de démissionner du paradis. Lancé dans un road-trip sanguinolent, il est aidé par son ex, Tulip, désormais tueuse à gages, par Cassidy, un vampire alcoolique d’origine irlandaise, et par le fantôme de John Wayne. C’est dingo, totalement irrévérencieux, et on y parle aussi bien de consanguinité que de torture ou de zoophilie. Une série sans tabou ultra-jouissive devenue un monument.

Preacher, de Garth Ennis et Steve Dillon, série terminée en six tomes publiés entre 2015 et 2018, éd. Urban Comics, 28 euros le tome.

 

17″Fun Home”, d’Alison Bechdel

    (DENOËL GRAPHIC)

“Parfois, quand tout allait bien, je crois que mon père aimait vraiment avoir une famille.” Fun Home est une plongée en apnée dans les souvenirs d’enfance de l’autrice, à l’ombre d’un père tyrannique et distant. Un père qui se suicide, quelques mois après le coming-out de sa fille (qui apprend par la même occasion qu’il avait des relations homosexuelles). Commence alors un long travail introspectif pour évaluer l’influence de cet homme dans la vie de la jeune fille. Remarquablement écrit, et considéré comme un monument de la bande dessinée américaine, Fun Home fut un album pionnier dans la vague autobiographique. Il a depuis été rarement égalé.

Fun Home, d’Alison Bechdel, éd. Denoël Graphic, 2006, 24 euros.

 

16″Ghost Money”, de Thierry Smolderen et Dominique Bertail

    (DARGAUD)

S’il y a bien, dans ce classement, une série ancrée dans le début de ce siècle, c’est celle-là. Thierry Smolderen et Dominique Bertail nous parlent financement du jihadisme, voitures autonomes et écrans omniprésents, dans ce thriller technologique rondement mené, documenté sans être indigeste, et somptueusement mis en images. Un ouvrage qui ne se démodera (malheureusement) pas de sitôt.

Ghost Money, de Thierry Smolderen et Dominique Bertail, éd. Dargaud, série terminée en quatre tomes parus entre 2008 et 2016 à 15 euros pièce. Une intégrale à 39 euros est également disponible.

 

15″Ce n’est pas toi que j’attendais”, de Fabien Toulmé

    (DELCOURT / ENCRAGES)

Fabien Toulmé est un grand angoissé. Parmi ses peurs profondes, il y avait celle d’avoir un jour un enfant trisomique. Alors, au moment de passer la première échographie de la petite Julia, qui doit naître dans quelques mois, il n’en mène pas large. Et lorsqu’elle vient au monde, malgré tous les tests et contrôles rassurants pendant la grossesse de sa femme, on découvre que Julia est porteuse d’une trisomie non dépistée. Commence un long chemin d’acceptation pour l’auteur, qui partage, sans fausse pudeur, ses pensées les plus intimes. Un témoignage autobiographique bouleversant qui apporte un regard différent sur ce syndrome.

Ce n’est pas toi que j’attendais, de Fabien Toulmé, éd. Delcourt, 2014, environ 22 euros.

 

14″Sunny”, de Taiyou Matsumoto

    (KANA)

On ne présente plus Taiyou Matsumoto, auteur acclamé d’Amer béton, dont le style graphique est sûrement l’un des plus singuliers parmi les mangakas en activité. Avec Sunny, il nous offre sa série la plus aboutie et la plus mature. Inspiré par sa propre histoire, il raconte le quotidien d’une douzaine d’orphelins placés dans un foyer dans les années 1970 au Japon. A la fois dur et touchant comme peuvent l’être les enfants, Sunny est le magnifique portrait d’un âge pas vraiment tendre, sans misérabilisme ou sensiblerie. Un chef-d’œuvre.

Sunny, de Taiyou Matsumoto, série terminée en six tomes publiés entre 2014 et 2016, éd. Kana, environ 13 euros le tome.

 

13″Spirou, le Journal d’un ingénu”, d’Emile Bravo

    (DUPUIS)

Un vieux héros de l’après-guerre dans un top 100 des BD du XXIe siècle ? Vraiment ? Oui, et franceinfo assume parfaitement. Emile Bravo a dépoussiéré le genre en revenant aux racines du personnage de Spirou – qui était groom au Moustic Hotel à l’origine – dans une Bruxelles où se font entendre les bruits de bottes de la guerre toute proche. Comme toujours avec Emile Bravo, c’est documenté, drôle et accessible aux plus jeunes, sans paraître niais aux historiens chevronnés. La suite, Spirou ou l’Espoir malgré tout, est du même tonneau.

Le Journal d’un ingénu, par Emile Bravo, éd. Dupuis, 2008, environ 16 euros.

 

12″Ma révérence”, de Wilfrid Lupano et Rodguen

    (DELCOURT)

“Bernard, c’est mon ticket pour les tropiques.” Bernard, c’est le convoyeur de fonds à côté duquel Vincent boit son café tous les matins. Avec cet argent, Vincent pourrait mettre fin au cercle infernal “petits boulots de merde-chômage-regard inquisiteur des parents le dimanche midi”. Peut-être aussi retrouver la mère de son gosse, qu’il a plantée au Sénégal. Mais toutes les chances ne sont pas de son côté. Il s’est associé avec un sosie (en jeune) de Dick Rivers, Gaby, pour monter ce coup. Une BD étonnante, qui commence comme un film de braquage et ne se termine pas du tout comme on l’avait prévu. Un petit bijou méconnu.

Ma révérence, de Wilfrid Lupano et Rodguen, éd. Delcourt, 2013, 18 euros.

 

11″Daytripper”, de Gabriel Bà et Fàbio Moon

    (URBAN COMICS)

Brás de Oliva Domingos est un journaliste bien particulier. Son travail consiste à rédiger les nécrologies pour un journal de Sao Paulo. Le soir, assis sur un banc, il rêve de toutes les vies qu’il n’a pas eues et de toutes les morts auxquelles il a pu échapper. Une réflexion sur le sens de la vie qui sonne juste, doublée d’une BD terriblement addictive. Après avoir lu Daytripper, vous n’entendrez plus Carpe diem comme avant.

Daytripper, de Gabriel Bà et Fàbio Moon, éd. Urban Comics, 2012, environ 22 euros.

 

10″Shangri-La”, de Mathieu Bablet

    (LABEL 619 / ANKAMA)

On commence par une situation classique du monde de la SF : les hommes ont bousillé pour de bon la planète Terre et ont dû s’exiler dans des stations spatiales en orbite. Le pouvoir politique est resté sur le plancher des vaches, et ce sont désormais des multinationales qui régentent la vie des survivants, de la naissance au cercueil. Tous les survivants ? Non. Une poignée d’entre eux résiste encore et toujours à l’envahisseur capitaliste. Et se prépare à passer à l’action. Outre sa trame narrative maîtrisée, cette BD a marqué les esprits par la maturité graphique de son jeune dessinateur (29 ans à l’époque), qui en met plein les mirettes aux lecteurs pendant 220 pages.

Shangri-La, par Mathieu Bablet, éd. Ankama, 2016, environ 20 euros.

 

9″A travers”, de Tom Haugomat

    (EDITIONS THIERRY MAGNIER)

Attention, ovni ! Si, pour vous, la BD, c’est un héros à la Tintin dans un gaufrier sage avec des phylactères remplis de texte, vous pourriez être dérouté. Tom Haugomat propose un récit muet, mettant en scène, d’un côté, un homme qui rêve de devenir astronaute et son environnement, et de l’autre, ce qu’il voit à travers différents prismes (une fenêtre, un télescope, une loupe…). Une double-page par année de vie résumée par cet unique biais. Un petit chef-d’œuvre narratif, au dessin pastel et poétique.

A travers, de Tom Haugomat, éd. Thierry Magnier, 2018, 20 euros.

 

8″Les Ignorants”, d’Etienne Davodeau

    (FUTUROPOLIS)

S’il fallait ne retenir qu’une BD sur le vin, ce serait celle-là (et pourtant le genre a produit quelques belles planches ces dernières années) : la rencontre entre un auteur de BD reconnu et un vigneron adepte de biodynamie qui pisse sur ses vignes. Une fois que vous aurez dévoré Les Ignorants, vous pourrez vous jeter sans réserve sur le reste de la production d’Etienne Davodeau, le boss de la BD documentaire.

Les Ignorants, d’Etienne Davodeau, éd. Futuropolis, 2011, 26 euros.

 

7″L’Atelier Mastodonte”, collectif

    (DUPUIS)

Version courte : la BD la plus drôle du XXIe siècle.

Version (un peu plus) longue : la crème de la BD d’humour s’est lancée dans un cadavre exquis qui a enchanté les pages du journal Spirou, pendant six longues années. C’est drôle et incroyablement cohérent, malgré la vingtaine d’auteurs différents (sans compter Enki Bilal qui a illustré une couverture).

L’Atelier Mastodonte, collectif, publié dans le journal Spirou de 2011 à 2018, et aux éd. Dupuis. Six tomes publiés entre 2013 et 2019, environ 14 euros pièce.

 

6″Fables”, de Bill Willingham et Mark Buckingham

    (URBAN COMICS)

Résumer en quelques lignes une série qui frôle les 4 000 pages est impossible. Imaginez les personnages des principaux contes de notre folklore (Blanche-Neige, le Grand Méchant Loup, La Belle au bois dormant…) rassemblés dans un pâté de maisons new-yorkais, après avoir dû fuir le Vieux Continent. Ambitions, crimes et histoires d’amour au programme de cette série de comics, qui joue avec brio sur les codes des contes de fées.

Fables, série créée par Bill Willingham et publiée entre 2003 et 2015, éd. Urban Comics, 28 euros pièce.

 

5″Juliette”, de Camille Jourdy

    (ACTES SUD BD)

Sous-titré “Les Fantômes reviennent au printemps”, Juliette aurait aussi bien pu s’intituler “Une affaire de famille”, mais ça aurait été beaucoup moins poétique. Or, la poésie, c’est la spécialité de Camille Jourdy, autrice de Rosalie Blum, adapté au cinéma avec Noémie Lvovsky. Impossible de ne pas tomber amoureux de ses petits dessins au feutre, aquarelle et crayons de couleurs ultra-minutieux et délicats. Une histoire d’êtres cabossés par la vie, sur la difficulté de s’entendre avec ses parents, sa sœur… Bref, notre histoire à tous. Juliette, c’est vous, c’est moi, c’est nous, et c’est pour cela que cet album nous touche autant.

Juliette, de Camille Jourdy, éd. Actes Sud, 2016, 26 euros.

 

4″Saga”, de Brian K. Vaughan et Fiona Staples

    (URBAN COMICS)

Marko et Alana s’aiment comme des fous, mais comme leurs planètes respectives sont en guerre depuis la nuit des temps, ce n’est pas du goût de tout le monde. Surtout depuis qu’ils ont donné naissance à une petite Hazel. Aidés par une moitié de baby-sitter fantôme (qui se balade les tripes à l’air), ils débutent alors un road-trip intergalactique à bord d’une fusée-arbre. Objectif : éviter toutes les créatures à leurs trousses, comme ce prince avec un écran de télé à la place de la tête ou cette tueuse mi-femme mi-araignée. Saga est le space opera le plus dingue (et drôle) de la bande dessinée mondiale, déjà récompensé par quatre Eisner Awards (les Oscars de la BD). Un record absolu, pour une œuvre indispensable, au ton et au dessin inclassables.

Saga, de Brian K. Vaughan et Fiona Staples, éd. Urban Comics. Dix tomes en cours depuis 2013, environ 15 euros le tome.

 

3″Undercurrent”, de Tetsuya Toyoda

    (KANA)

Un jour, le mari de Kanae disparaît. Sans un mot, sans un soupçon. Comme près de 100 000 Japonais chaque année, Satoru s’est évaporé. A-t-il eu un accident ou choisi délibérément de fuir ? En tout cas, la nouvelle fait jaser, dans la ville où le couple tient un établissement de bains publics. Tourmentée, Kanae finit par faire appel à un détective privé pour tenter de découvrir la vérité… Avec une délicatesse qui rappelle les œuvres de Jirô Taniguchi (Quartier lointain), Undercurrent est un manga introspectif centré autour d’une question : connaît-on jamais vraiment la personne qui partage notre vie ? Quelle que soit la réponse que vous y trouverez, ce cheminement vous aura permis de faire un joli voyage au cœur d’un Japon populaire.

Undercurrent, de Tetsuya Toyoda, éd. Kana, 2008, 13 euros.

 

2″Est-ce qu’on pourrait parler d’autre chose ?”, de Roz Chast

    (GALLIMARD)

Illustratrice pour le New Yorker, Roz Chast est un jour confrontée à ce que tout le monde redoute : ses parents vieillissent. Pour cette fille unique de juifs new-yorkais aux caractères bien trempés commence un long périple à travers la perte d’indépendance. Roz Chast entame alors un journal de bord, dans lequel elle raconte leur déchéance. Sur près de 250 pages, cet inclassable roman graphique nous emmène visiter la décrépitude dans ce qu’elle a de plus concret et le questionnement qu’elle soulève. Ça aurait pu être sordide, mais c’était compter sans l’humour à la Woody Allen totalement décomplexé de l’autrice. Un manuel de (sur)vie aussi macabre que génial sur ce sujet universel, mais tabou.

Est-ce qu’on pourrait parler d’autre chose ?, de Roz Chast, éd. Gallimard, 2015, 25 euros.

 

1″Il était une fois en France”, de Fabien Nury et Sylvain Vallée

    (GLENAT)

Contrairement à ce qu’on pourrait croire, il n’a pas été si difficile de choisir la première place de ce classement. Il était une fois en France coche toutes les cases du chef-d’œuvre impérissable. L’histoire, incroyable mais vraie, est celle de Joseph Joanovici. Le pitch imprimé sur la quatrième de couverture résume toute la complexité du personnage : “Orphelin. Immigré. Ferrailleur. Milliardaire. Collabo. Résistant. Criminel pour certains, héros pour d’autres, Joseph Joanovici fut cela. Et bien plus encore.” Ces six tomes rythmés, servis par un dessin qui explose, évitent soigneusement tout manichéisme. Au menu : des personnages, des gueules, des répliques fortes – “Mon pays, c’est ma famille, les autres peuvent crever”, balance “Monsieur Joseph”, dès le premier tome. A se demander ce qu’attendent Hollywood ou le cinéma français pour transposer cette saga sur grand écran. Et lui faire toucher le large public qu’elle mérite.

Il était une fois en France, de Fabien Nury et Sylvain Vallée, éd. Glénat. Série terminée en six tomes publiés entre 2007 et 2012, 15 euros pièce, une intégrale existe à 59 euros.

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