L’enquête corruption de défense en Corée/한국 군납비리 대규모 조사

L’enquête sur la réforme de l’acquisition des armes doit se concentrer sur l’achat des armes étrangères

ACPP-SEOUL 24-11-2014) La corruption des marchés publics de défense en Corée est si répandue que les gens disent à propos de ceux qui sont impliqués que cela revient à « laisser le renard garder le poulailler. » Même lorsque le gouvernement a créé la DAPA « Defense Acquisition Program Administration »  en vu d’un effort pour résoudre ce problème en 2006, les observateurs de l’industrie sont restés sceptiques. Le lancement ce vendredi de l’enquête conjointe à plus grande échelle sur les irrégularités d’acquisition des armes a donné raison à ces préoccupations.

Si répandues sont la corruption et d’autres pratiques douteuses que les législateurs ont déniché sur 47 cas d’irrégularités dans 31 projets d’acquisition d’armes lors de l’inspection parlementaire de cette année seulement. La Présidente Park Geun-hye a eu raison d’appeler à l’extirpation des irrégularités dans les contrats de défense, en disant  que ce sont des “actes qui aident l’ennemi.”

le Tongyeong qui jauge 3500 tonnes, le premier navire de secours et de sauvetage construit en Corée en 2012.

le Tongyeong qui jauge 3500 tonnes, le premier navire de secours et de sauvetage construit en Corée en 2012.

 

La commission d’enquête conjointe qui se compose de 105 enquêteurs vétérans de la police, des organismes juridiques  et  financiers est susceptible de se concentrer sur la fuite de secrets de la défense, sur la falsification de documents, révélant le gonflement des prix et la pratique des pots de vin, autant de pratiques liées à des projets d’acquisition d’armes.

Cela devrait être un bon début pour l’équipe d’enquête inter agences. Un exemple flagrant en est le Tongyeong qui jauge 3500 tonnes, le premier navire de secours et de sauvetage construit en Corée en 2012. La Marine est devenue célèbre, ou tristement célèbre,  quand ce navire n’a pu participer à l’opération de sauvetage du Ferry Sewol qui sombrait, en raison de son système de sonar qui fonctionnait mal. Une société américaine aurait vendu ce sonar  développé dans les années 1970 et devenu obsolète depuis, pour 4,1 milliards de wons,  soit plus de 20 fois son prix qui était de 200 millions de wons.

Les fonctionnaires soupçonnent, à juste titre, qu’il y a eut corruption à grande échelle. Car autrement  comment un accord aussi scandaleux aurait-il pu avoir lieu ?

Toutefois, cela peut s’avérer être la pointe d’un iceberg proverbial.

Les  Initiés de l’industrie disent que c’est depuis longtemps une pratique qui permet aux  fournisseurs d’armes étrangers d’obtenir des secrets militaires par l’intermédiaire d’officiers convertis en courtiers, de remporter des contrats et des prix surévalués à des niveaux souvent exorbitants.

Pendant que nos projets nationaux  traitent se négocient à des dizaines ou des centaines de millions de dollars, les achats d’armes étrangères sont évalués à des milliards de dollars. Contrairement aux entreprises nationales, les entreprises étrangères échappent aux mesures punitives même quand elles ne respectent pas les termes du contrat, y compris les délais de livraison. Sont également soumis à une vaste enquête  les procédures policières  pour déterminer si  des décisions ont été prises, non pas selon la politique établie, mais par des hommes politiques ce  qui  fournit un terrain favorable  pour la corruption. Si nécessaire, les enquêteurs auront besoin de solliciter la coopération de leurs homologues étrangers.

Plus fondamentalement, les enquêteurs doivent se pencher sur la DAPA, et les nombreux «clans mafieux militaires» – anciens et actuels officiers militaires au sein et  autour de l’agence – qui sont au cœur de la corruption dans l’industrie de la défense. En 2006, des officiers militaires occupaient  51 % des postes au sein de la DAPA. Ce rapport est resté inchangé en dépit des promesses répétées pour l’abaisser. Le nouveau chef de la DAPA, Chang Myeong-jin, a récemment promis de réformer l’agence, y compris par l’introduction d’un processus d’acquisition plus transparent.  Madame Park, la Présidente devrait accorder son soutien politique à son camarade de classe de collège pour permettre une refondation de l’agence.

L’enquête commune est cruciale car elle intervient à un moment où sévissent corruption et violations des droits humains au sein de l’armée et qui ont fait chuter à un niveau sans précédent la confiance du peuple dans les forces armées du pays.

Une enquête massive similaire à propos des contrats corrompus de la défense en 1993 a conduit à l’arrestation de hauts dirigeants militaires, y compris les anciens ministres de la Défense et les chefs du personnel. On ne peut s’empêcher de se demander à cet égard si Madame la présidente Park,  qui s’est entourée de tant d’anciens généraux de l’armée, au point de susciter des railleries sur “la version sud” de la première police militaire de la Corée du Nord, est prête à aller aussi loin cette fois.

Si non, la campagne en cours se soldera par un coup d’épée dans l’eau, comme bien d’autres mesures politiques prônées par Madame Park.

 

ACPP

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